Reconnecter avec sa propre valeur : un chemin concret pour celles et ceux qui ne se sentent plus à leur place
Il y a des matins où l’on se lève avec cette sensation tenace d’en faire toujours trop pour en mériter trop peu. Des situations où l’on dit oui alors qu’on voulait dire non, où l’on s’excuse d’exister, où le regard des autres pèse davantage que sa propre voix intérieure. Ce n’est pas une question de caractère ni de volonté : c’est souvent le signe que le rapport à soi-même mérite une attention sincère et structurée.
Ce que l’on appelle l’estime de soi ne se résume pas à la confiance affichée ou à l’assurance dans le regard. C’est une façon d’habiter sa propre vie, de se reconnaître le droit d’occuper de l’espace, d’avoir des besoins légitimes, des limites respectables. Lorsque ce rapport à soi vacille, les conséquences se lisent dans les relations, dans les choix que l’on évite, dans les mots que l’on ravale. Reconstruire ce lien à soi-même est possible, et cela commence souvent par comprendre ce qui l’a fragilisé.

Qu’est-ce qui fragilise l’estime de soi chez l’adulte ?
L’estime de soi se construit à travers l’histoire relationnelle de chacun. Elle se façonne dans les premières expériences d’attachement, dans les messages reçus sur sa valeur, ses capacités, sa légitimité à exister pleinement. Ce n’est pas une donnée figée, mais une perception de soi qui peut s’être appauvrie au fil d’expériences répétées de rejet, de comparaison ou d’invalidation émotionnelle.
Chez l’adulte, cette fragilité se manifeste souvent de manière discrète : une tendance à minimiser ses réussites, une difficulté à recevoir des compliments, une hypervigilance au jugement d’autrui. Certains fonctionnent depuis des années avec des schémas d’autoévaluation sévère sans en identifier l’origine. La psychologie humaniste, sur laquelle s’appuie notamment l’ANDC® (Approche non directive créatrice), part de ce constat pour proposer un espace d’exploration sans injonction ni cadre préconçu.
Ces mécanismes ne sont pas des failles à corriger mais des adaptations que l’on a construites pour survivre à des contextes difficiles. Les comprendre, sans s’y identifier totalement, ouvre un espace de mouvement. C’est précisément ce que permet la Thérapie d’Acceptation et d’Engagement — la thérapie ACT — en invitant à observer ses pensées sans en être prisonnier.
Comment la thérapie ACT agit-elle sur le rapport à soi-même ?
La thérapie ACT travaille sur six processus psychologiques fondamentaux, dont la défusion cognitive et la clarification des valeurs personnelles. Concrètement, cela signifie apprendre à ne plus prendre ses pensées négatives sur soi comme des vérités absolues, mais à les reconnaître comme des événements mentaux — présents, observables, mais pas déterminants.
Ce travail permet progressivement de desserrer l’emprise des jugements automatiques que l’on porte sur soi. Une personne qui se répète intérieurement « je ne suis pas à la hauteur » n’est pas condamnée à vivre sous ce prisme. La défusion cognitive lui apprend à percevoir cette pensée sans s’y fondre, ce qui change radicalement sa capacité à agir selon ce qui compte vraiment pour elle. La pleine conscience fonctionnelle, intégrée à l’ACT, soutient ce processus en renforçant la présence à l’instant.
Les séances durent en moyenne une heure. Le rythme hebdomadaire ou bimensuel est souvent recommandé selon les situations, avec une première séance consacrée à la compréhension du contexte de vie, des schémas en jeu et des besoins concrets de la personne. Ce point de départ permet de ne pas travailler à l’aveugle, mais à partir de ce qui est réellement vécu.


Pour qui est pertinent un accompagnement centré sur l’estime de soi ?
Cet accompagnement s’adresse aux adultes qui ressentent une forme d’inadéquation persistante avec eux-mêmes ou dans leurs relations. Il peut concerner des personnes en période de transition — séparation, reconversion, deuil d’un projet — qui voient leur confiance en elles s’effondrer au moment où elles en auraient le plus besoin.
Il s’adresse aussi à celles et ceux qui ont du mal à poser des limites, qui s’épuisent à répondre aux attentes des autres au détriment de leurs propres besoins, ou qui traversent une forme de surcharge émotionnelle sans parvenir à en identifier la source. Ces situations, même quand elles semblent banales de l’extérieur, ont un impact réel sur la qualité de vie au quotidien.
Les personnes en couple qui sentent que leur relation à l’autre est affectée par une insécurité intérieure profonde peuvent également bénéficier d’un espace individuel pour travailler sur ce point avant d’envisager un autre type d’accompagnement. L’estime de soi influence directement la façon dont on se positionne dans une relation, dont on exprime ses besoins ou dont on vit les conflits.
Comment se passe concrètement une séance centrée sur l’estime de soi ?
La première séance est un espace de rencontre et de compréhension mutuelle. Elle sert à explorer la demande, à identifier les schémas de pensée et les modes relationnels qui pèsent, sans chercher à tout résoudre immédiatement. Cette étape est fondamentale : elle pose les bases d’une relation de travail ancrée dans la réalité de la personne, pas dans un protocole générique.
Dans les séances suivantes, le travail s’oriente progressivement vers la clarification des valeurs — ce qui compte vraiment pour la personne, au-delà des injonctions sociales — et vers l’identification des comportements que l’estime de soi fragilisée génère. Cette approche, issue de la certification ACT et enrichie par la formation à l’ANDC®, combine écoute active et outils psychologiques concrets.
L’objectif n’est pas d’atteindre une confiance parfaite ou permanente, mais de développer une relation à soi plus stable, moins dépendante des fluctuations extérieures. Chaque personne avance à son rythme, selon sa propre histoire. Certains évoluent en quelques semaines, d’autres sur une durée plus longue selon la profondeur des schémas en jeu.


Pourquoi travailler sur l’estime de soi peut changer la façon dont on se positionne dans ses relations ?
Le rapport à soi et le rapport aux autres sont profondément liés. Une estime de soi fragilisée génère souvent des dynamiques relationnelles déséquilibrées : on cherche la validation à l’extérieur, on redoute le conflit au point d’effacer ses propres besoins, ou au contraire on surréagit à la moindre remise en question. Ces schémas relationnels répétitifs épuisent et isolent.
Travailler sur l’estime de soi, c’est aussi travailler sur la façon dont on habite ses relations. Exprimer un désaccord sans se sentir menacer la relation, recevoir de l’affection sans la minimiser, poser des limites sans culpabilité excessive — tout cela devient progressivement plus accessible lorsque le rapport à soi se solidifie. Ce changement ne se décrète pas : il s’installe progressivement, à travers le travail en séance et les expériences du quotidien.
Laetitia Lahanier, titulaire d’un Master 1 en psychologie clinique et pathologique et certifiée en thérapie ACT, accompagne des adultes dans ce type de travail depuis plusieurs années. Sa formation à l’ANDC® au CRAM de Montréal lui permet d’adopter une posture non directive, qui laisse à chacun la liberté de son propre rythme et de sa propre direction, sans agenda imposé.
Quelle que soit votre situation, comment débuter cet accompagnement à Cannes et dans les environs ?
Les séances se tiennent en cabinet à Mouans-Sartoux et à Callian, deux lieux accessibles depuis Cannes comme depuis Grasse, Mougins, Valbonne ou Sophia Antipolis. Les personnes venant d’Antibes, du Cannet ou de Mandelieu consultent également régulièrement dans ces espaces, selon leur disponibilité et leur localisation.
Pour celles et ceux dont l’emploi du temps ou la distance rendraient les déplacements compliqués, les séances en visioconsultation offrent un cadre tout aussi structuré. La visio permet de maintenir un rythme de travail régulier sans contrainte géographique, avec la même qualité de présence et d’échange qu’en présentiel. Cette modalité est particulièrement appréciée par les personnes en période de surmenage ou de forte charge personnelle.
Prendre un premier rendez-vous avec Laetitia Lahanier, c’est simplement ouvrir la porte à une compréhension plus claire de soi — sans engagement immédiat, sans protocole figé. La prise de rendez-vous se fait en ligne, à votre rythme, selon vos disponibilités. Cette première étape n’a pas besoin d’être parfaitement formulée : il suffit d’arriver avec ce qui pèse.
